Les loisirs intérieurs des bourgeois du XIXe siècle

Les bals publics

Les bourgeois ont du temps, de l'argent, et de vastes appartements ; aussi manquent-ils rarement une occasion de se recevoir les uns les autres pour des dîners, souvent suivis de parties dansantes.
Dès 1800 la bourgeoisie s'est prise de passion pour les bals publics, dont le nombre se multiplie depuis la suppression du privilège accordé jadis aux seuls bals de l'Opéra. On y danse la gavotte et le quadrille, toujours appréciés, et depuis peu, la « fricassée poissarde ». La danse était auparavant réservée à la noblesse, il s'agit donc d'un loisir nouveau pour la bourgeoisie.

I) Les loisirs intérieurs 

Les parties de cartes

Autre occasion de se recevoir entre bourgeois : partager des parties de cartes. On peut se référer à La Comédie Humaine, de Balzac, où l'auteur nous détaille dans Béatrix une partie de mouche ou mistigris que disputent les protagonistes :
« La mouche est un jeu qui se joue avec 5 cartes et avec une retourne. La retourne détermine l'atout [...] Une carte terrible emporte toutes les autres, elle se nomme Mistigris. [...] Ce jeu, d'une excessive simplicité, ne manque pas d'intérêt. La cupidité naturelle à l'homme s'y développe aussi bien que les finesses diplomatiques et les jeux de physionomie. »
Balzac évoque également un peu plus loin le jeu de la bataille.
Les bourgeois jouent aussi à « La Bouillote », un jeu de cartes proche du poker.
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Les jeux amoureux

Des tableaux de l'époque nous montrent que les réceptions bourgeoises étaient l'occasion de se livrer à des jeux amoureux, parfois coquins comme « Colin-maillard », ou encore « Le Baiser deviné » en 1804, comme l'illustre l'image ci-dessous.
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Les clubs haschischins

La vogue des clubs s'étend sur Paris avec notamment celle des clubs des « haschischins ». En effet, dès décembre 1845, l'hôtel Pimodan est le théâtre d'étranges activités. Artistes, modèles et écrivains se réunissent régulièrement pour des « fantasias » au cours desquelles on consomme une substance venue d'Orient, le « haschisch ». Ce dérivé du chanvre indien est consommé sous forme de pastilles vertes qui exhalent l'odeur forte du cannabis. Pour les nez délicats, une plante hallucinogène, le « dawamesk » , est mélangé à des aromates afin de la rendre plus agréable. Les séances de dégustation ont lieu sous le contrôle médical du docteur Moreau. Le président du club est Théophile Gautier, et l'on compte parmi les adeptes de la pâte verte le poète Charles Baudelaire, ainsi qu'un nouvel invité, Honoré de Balzac.

. Photo : Hotel Pimodan

Les bains publics

Le XIXème siècle voit aussi les bourgeois s'adonner à une toute autre nouveauté qui est inaugurée à Poitiers. La ville s'enorgueillit en effet d'un établissement de bains digne de la Rome antique. Les entrepreneurs Galland et Guignard ont construit un bâtiment de belle allure dans le plus pur style néo-classique. Si les bains sont mixtes, la pudeur est toutefois préservée. Un large vestibule empêche en effet toute communication entre le pavillon des hommes et celui des femmes. A l'intérieur, le client dispose d'une salle individuelle équipée d'une baignoire en cuivre étamé. Ici ; plus besoin d'attendre le garçon de bains et ses seaux : des robinets distribuent l'eau courante, chaude ou froide à volonté. Après la toilette, il est possible de se réconforter devant un café ou un chocolat chaud, au bar de l'établissement.
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La poupée qui parle

Dans les familles, le XIXème siècle est marqué par l'apparition de l'industrie du jouet, des objets qui, du fait de leur prix élevé, sont réservés aux enfants de la bourgeoisie. Le 25 août 1823, une toute nouvelle invention va émerveiller les plus jeunes : la poupée qui parle. Les jeunes visiteurs de L'exposition de l'industrie française au palais du Louvre sont en effet restés bouche bée devant une vitrine qui contenait ce jouet extraordinaire. Désormais, la poupée de porcelaine ne sera plus tout à fait inanimée : une petite mécanique dissimulée sous sa robe, lui fera émettre des sons.
Lorsqu'une petite fille, dans un élan de tendresse, lui saisira les mains, elle entendra une voix fluette lui dire « maman »... ou « papa ».
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