Les loisirs extérieurs des ouvriers du XIXe siècle

La boxe

On rappellera que les ouvriers ont peu de temps libre. De plus, leur logement étant de superficie très restreinte, ils ont tendance à passer leur temps libre à l'extérieur.

Si certaines sorties peuvent avoir un but similaire à celles des bourgeois : boire un verre à l'extérieur, sortir danser, ou pratiquer un sport etc..., ces activités se distinguent chez les ouvriers en ce qu'elles ne se déroulent pas dans les mêmes lieux. De même qu'il y a des cafés de fréquentation plutôt « bourgeoise », des bals « pour les bourgeois », des clubs sportifs « pour les bourgeois », il existe également des cafés et autres lieux de loisirs réservés à la classe ouvrière.

Ainsi, une activité sportive propre aux ouvriers était la boxe. Ils y voyaient un moyen de « se défouler » de la dure pression de leur travail.

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La soule

Autre sport populaire, la soule, qui date de 1854, et fut d'ailleurs interdite en raison de sa violence.
L'interdiction de la soule par les autorités se veut avant tout une mesure d'ordre public. Désormais, les propriétés ne subiront plus les saccages provoqués à l'occasion de chaque partie. Le déroulement du jeu est surtout prétexte à une vaste empoignade qui dégénère en règlement de compte.
A mardi gras, le maire de la commune donne le coup d'envoi et deux équipes se précipitent pour s'emparer de la balle. Ensuite, le combat se poursuit n'importe où : dans les champs, rivières, et granges... Est finalement déclaré vainqueur le groupe qui réussit à porter le ballon dans une maison désignée d'avance. La cave et le garde-manger de l'heureux élu sont alors mis à contribution sans ménagement.

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Théâtres du peuple

A défaut de conscience de classe claire et d'unité sociologique, c'est probablement une culture ouvrière de la ville qui soude le mieux le monde ouvrier. Cette culture ouvrière a été longtemps une culture de métier, elle est aussi une culture de quartier. Les ouvriers y sont immergés dans un tissu populaire diversifié qui offre des possibilités de relations humaines variées. Cette vie de relations extérieure au foyer est souvent la conséquence de l'aspect répulsif du logement, qui fait de la rue, du café, du cabaret, l'espace de sociabilité des ouvriers (on compte alors à Saint-Ouen 1 café pour 80 habitants). Au cabaret, on lit le journal et ses feuilletons, on commente les nouvelles, on fume, on boit, et on fait la fête, parfois entre ouvriers venus d'une même région. Des banquets rythment la vie associative, banquets de militants, de fête corporative chez les mineurs, de carnaval ou de paroisse.
Avec un modeste temps de recul du temps de travail, les formes du loisir évoluent. Si l'ouvrier a été chassé des théâtres du centre ville, trop chers, il se retrouve au café-concert, qui reprend les chansons à la mode. A Saint-Denis, les ouvriers peuvent se retrouver dans 20 bals et 4 cabarets. Boulogne, Puteaux, Saint-Denis... ouvrent des théâtres pour le peuple, où l'on joue Cyrano de Bergerac, mais aussi Germinal. L'engouement pour la bicyclette gagne une classe ouvrière qui découvre les nouveaux clubs sportifs.
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